FEMME DE CHAMBRE – Markus Orths

Aux Editions Liana Levi

Résumé de l’éditeur :

Femme de chambre dans un hôtel, lynn y satisfait sa manie obsessionnelle du nettoyage. Même les affaires personnelles des clients font l’objet d’une inspection approfondie et indiscrète. Un soir, dans la chambre 303, la jeune femme enfile par-dessus son tablier le pyjama du client, et lorsque ce dernier tourne la clé dans la serrure, il ne lui reste qu’à se glisser sous le lit. La nuit qu’elle  y passe constitue un pas de plus dans l’intrusion amorcée. Un pas qui va la mener très loin.

Mon humble avis :

Dès les premières pages, j’ai eu envie d’en savoir plus sur Lynn. En premier lieu, l’auteur laisse entendre qu’elle a séjourné quelques temps dans un hôpital. Les séances avec son thérapeute prouvent qu’il lui est réellement arrivée quelque chose. Lorsque je découvre sa manie obsessionnelle du ménage, je pense immédiatement qu’elle est atteinte de tocs qui la conduisent à  récurer, lessiver, et nettoyer  sans relâche, même au-delà de ces journées de travail de femme de ménage.

En réalité, je devine à demi-mot que son « problème » est ailleurs, et crois même un instant, mais sans aucune certitude, qu’elle pourrait être cleptomane.

La vie de Lynn est rythmée par un calendrier hebdomadaire monotone. Le jeudi elle téléphone systématiquement à sa mère et seulement le jeudi. Le vendredi elle voit son thérapeute mais le mardi est sa journée préférée. Ces jours-là,  Lynn se couche sous le lit d’une chambre d’hôtel dans lequel elle travaille et devient pour une nuit, l’observatrice cachée de la vie d’un autre. C’est de cette façon qu’elle rencontre Chiara, Escort girl libre et indépendante.

Alors que Chiara est affranchie de toute contrainte, Lynn, elle, au contraire, est dépendante et prisonnière de ses manies, de ses rituels, de ses angoisses, de sa vie sans éclat.

Markus Orths dépeint avec pudeur la vie de Lynn dont les détails parcimonieux nous permettent de laisser vagabonder notre imagination et peut-être même de faire un parallèle avec sa propre vie et le sens que l’on veut bien lui donner.

 E.D