Jésus et Tito

Jesus-et-Tito

De Velibor  Čolić

Aux Editions Gaïa

Résumé de l’éditeur :

« Relativement tôt, je me suis rendu compte que mes souvenirs, mon enfance, toute ma vie d’avant, appartenaient au Jurassic Park communiste, disparu et enterré avec l’idée de la Yougoslavie. » Velibor feuillette ses souvenirs : en 1970, il a six ans et veut devenir footballeur. Noir et Brésilien, de préférence. Une enfance vécue sous le signe de la bonne étoile – rouge – et une adolescence sous influence rock’n roll. On ne choisit pas toujours ses icônes : le petit Jésus contre le maréchal Tito est un match qui se joue tous les jours à la maison. Puis dans les années 80, il navigue entre les Clash et Bukowski. Son grand amour sera la littérature, Velibor rêve de devenir poète. Maudit, évidemment.

Mon avis :

Jésus et Tito, c’est un roman raconté avec beaucoup d’humour et inspiré de ce que fut la vie d’enfant et de jeune adulte de l’auteur, en Bosnie avant que la guerre n’éclate.

Entre un père profondément attaché au Régime qui voue une véritable admiration à Tito et une mère toute dévouée à Jésus,  le jeune Velibor cherche sa place. Patriotisme ou religion, le choix est complexe ; il décide donc de devenir joueur de foot et si possible brésilien. Son rêve est cependant anéanti lorsque  son entraineur le congédie pour manque de résultat. Il se tourne alors vers la littérature et les écrivains, engloutit les  livres, et s’en sert même d’exutoire lorsque appelé sous les drapeaux, il devra affronter son supérieur qui le déteste.

Velibor Čolić relate de petites scènes de son quotidien à différentes époques de sa vie. L’enfance, avec un regard léger et merveilleux sur le monde qui l’entoure, et une admiration pour Tito en écho à celle de son père. L’adolescence avec une passion grandissante pour la musique, ses débuts de jeunes adultes et les premiers émois avec les filles. Puis enfin l’âge de raison, celui où le culte de Tito s’est émoussé depuis longtemps, avec  un regard moins naïf sur le monde et en particulier sur le communisme.

Un livre que j’ai particulièrement aimé pour son humour, sa drôlerie, l’alliance de sentiments très variés qui enrichit le récit, la qualité de l’écriture et surtout pour la fresque qu’il nous offre de ce qu’était la vie en Yougoslavie avant la guerre des Balkans.

 « Mes personnages préférés sont : le maréchal Tito, Tarzan, Pelé, Croc-Blanc et Karl Marx. Et dans  cet dans cet ordre-là, bien évidemment. »

« La soupe aux haricots ou le marxisme ?

Le chocolat aux noisettes ou le socialiste ?

Dur, très dur de choisir. Et parfois, j’hésite. Le monde des idées est très compliqué, mais grâce à mon oncle j’y vois un peu mieux.

Quand on mange bien, c’est du catholicisme.

Et si on n’a rien à manger, mais qu’on chante et danse, c’est du communisme. »