LA SALAMANDRE – Jean Christophe Rufin

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Aux Editions Folio

Résumé de l’éditeur :

Catherine, dont la vie s’organisait autour du travail avec la haine des dimanches, le secours de la télévision, l’affection d’un chat et l’usage fréquent de somnifères, tourne le dos à la France pour s’installer au Brésil. Dépassant sa condition de touriste, elle quitte l’univers des agences de voyages pour celui des favelas. La violence avec laquelle les gens se traitent entre eux ne lui est alors plus épargnée.

Dans ce récit d’un parcours absolu, Jean-Christophe Rufin livre une tragédie moderne, où l’héroïne semble soudain obéir à une loi profonde qui la pousse à se détruire et à s’accomplir en même temps. A travers ce portrait d’une femme qui se perd et se découvre, l’auteur reprend aussi un thème qui lui est cher, celui de la rencontre entre les Occidentaux et leur tiers-monde fantasmé. Loin de la vitrine exotique et du mythe révolutionnaire, il va au-delà de la vision idéalisée, tout au moins « idéologisée », du tiers-monde, vers un monde ambivalent, fait à la fois de richesse et de violence, repoussant et attirant.

Mon humble avis :

Nombreux sont les livres qui m’ont marqué mais la Salamandre fait partie de ceux que je relis pour la deuxième fois et dont l’impact reste aussi fort qu’à la première lecture. L’écriture de Jean Christophe Rufin y est certainement pour beaucoup mais l’histoire de l’héroïne est bouleversante au point d’essayer de se mettre à la place de cette victime qui pourtant, à aucun moment du récit, ne se considère comme telle.

Catherine, âgée de 46 ans, vit dans la solitude d’un univers confortable mais routinier. Sa vie rangée, accès sur le travail, exclut toute forme d’amusement. Obligée par sa Direction à prendre quelques jours de congés, elle s’envole pour le Brésil alors qu’elle n’a presque jamais voyagé.

Pendant un mois de vacances, elle va découvrir un univers différent où le rythme, la culture et les coutumes s’opposent totalement à ce qu’elle a toujours connu. La plage, le farniente, les gigolos, dont l’un d’entre eux lui fera tourner la tête, font dorénavant partie de son nouveau quotidien. Bien que pensant mener la danse, elle tombera dans les filets de cet être vil, au point d’y perdre toute dignité. Est-ce son trop grand manque d’amour ou la fadeur de son existence qui la poussera toujours plus vers Gilberto ? Est-ce l’amour véritable qu’elle lui voue ou le sentiment d’exister vraiment pour la première fois de sa vie qui  la mènera à se faire humilier et mutiler sauvagement ? Sans regretter sa vie « d’avant », bien que ruinée et malgré les stigmates des atrocités subies, elle se sentira désormais libre dans sa nouvelle terre d’adoption.

E.D