L’Affaire Jane de Boy

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L’affaire Jane de Boy
De Simone Gélin
Aux Editions Vents Salés

Résumé de l’éditeur :

En 1960, dans le village de Jane de Boy, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage.
Enlèvement ? Crime politique, passionnel, crapuleux ?
Qu’est venu faire en France ce jeune couple d’Espagnols, Félix et Justina ? Que sait Sarah, la voisine, prostituée du samedi soir ? Le commissaire Lasserre s’interroge, aidé par son vieux camarade Hippolyte.
L’enquête se déroule à Bordeaux, dans l’ambiance du mythique hôtel de police de Castéja, au cœur du quartier Saint-Michel, dans les ruelles de la petite Espagne, au marché des Capus… Et se corse aux bassins à flot.

Mon avis :

Je viens de me plonger avec bonheur dans le roman d’un auteur qui m’impressionne décidément beaucoup, non seulement par la qualité et la fluidité de son écriture mais aussi par la créativité et l’intérêt de ses histoires. Il y a plus de deux ans déjà, elle m’avait emportée avec son  roman « Le journal de Julia ». Aujourd’hui avec son nouvel opus elle me ramène vers mon passé ou plutôt celui de mes parents et de leur description du Bordeaux des années d’après-guerre.

Bien sûr il y a le style, des dialogues qui sonnent justes.  On y parle de « prendre un jus » de  « filles girondes » de « godasses » ou encore de « zigues ». Autant de termes d’une époque révolue qui me rendent nostalgique. Une alternance de récits et de lettres qui donne le rythme et laisse le lecteur haletant parfois. Des phrases courtes, sans verbe même, qui tendent presque vers la poésie.

Bien sûr il y a l’histoire, l’Espagne, 1959… Le régime franquistes et ses ignominies. La phalange, l’Opus Dei, les anarchistes, les rouges.  Les réfugiés courageux et fiers, fuyant leur patrie pour s’exiler en France.

Bien sûr il y a l’intrigue, cette petite fille qui disparait mystérieusement à quelques mètres à peine de sa maison. Ses parents qui se sont éloignés de la communauté espagnole de Bordeaux pour s’installer sur le Bassin. Un vrai mystère lorsque l’on connait la solidarité de ces gens. Puis « Les affaires » du père, vrai homme d’affaires ou petit trafiquant ?

Mais au-delà du style, de l’histoire et de l’intrigue, il y a plus encore. Au fil des pages, je me suis laissée embarquer dans cette ode aux réfugiés espagnols. J’ai supposé, j’ai extrapolé, tiré des conclusions hâtives, toujours tiraillée entre l’envie de faire durer cette lecture et l’impatience de découvrir la vérité.
La vérité sur le sujet principal. Celui qui s’insinue au fil de la lecture. Un sujet odieux qui fut longtemps tabou puis révélé au monde il y a quelques années. Et Simone Gélin par son roman, par ce beau moment de lecture et cette intrigue rondement menée, permet aux lecteurs de ne pas oublier le calvaire subi par des milliers de femmes.

Elleli