L’année du chat

Lanneeduchat3De Karine Miermont

Aux Editions Seuil

Résumé de l’éditeur :

Elle s’appelle Niña. C’est un chat de gouttière, d’origine espagnole. A l’intérieur d’une copropriété parisienne, elle jouit d’une belle liberté, faisant régulièrement sa  sieste chez les amis voisins. La cour est son quartier. Tous est harmonie.

Et puis, un jour, une boule fait son apparition. On n’y prête qu’une attention discrète, rien de grave. Mais bientôt la maladie est diagnostiquée. C’est l’entrée dans un long tunnel d’un an, dont l’issue sera la mort, annoncée, repoussée, refoulée autant que possible.

Chacun, dans la famille, fait son deuil. Pour la mère, cela prend la forme de l’écriture, en un journal qui accompagne l’animal aimé vers sa disparition.

Un récit tendre mais sans pathos, qui nous dit ce qu’est la fin d’une vie, avec ses souffrances et ses étapes où l’on abandonne chaque fois un peu plus d’espoir.

Mon avis :

Lorsque l’on m’a parlé de ce livre, j’ai eu un doute. Avais-je vraiment envie de lire un récit sur un chat en fin de vie et sur le désarroi de ses maîtres ? Non pas que je sois indifférente à la condition des animaux domestiques, loin de là, mais mon inquiétude était plutôt celle de découvrir un livre dégoulinant de sensiblerie et de sentimentalité.

Si en effet, l’auteur nous parle de sa détresse, elle le fait tout en retenue, avec une extrême pudeur. Karine Miermont nous confie, sous  forme de journal, les derniers mois de vie de Niña,  et sans apitoiement parle de ses rendez-vous successifs dans les cliniques vétérinaire où elle croise des gens, accompagnés eux aussi de chats ou de chiens, qu’elle n’aurait surement jamais rencontrés ailleurs mais unis cependant par un lien, celui de l’amour qu’ils portent à leurs animaux.

Au fil de ses rencontres chez les vétérinaires, elle constate très justement cette similitude entre elle et tous ces gens qui consacrent du temps et de l’attention à leurs animaux de compagnie pour les aider à lutter contre la maladie et les maintenir en vie. L’auteur prend le recul nécessaire pour juger ces situations qui pourraient sembler indécentes aux yeux de certains, mais qui prouvent au contraire que l’amour et l’attachement sont plus fort que tout qu’il s’agisse d’un humain ou d’un animal à partir du moment où il fait partie intégrante d’une famille. N’est-il pas normal finalement d’éprouver le même chagrin ?

Karine Miermont écrit ce livre avec élégance, comme un exutoire pour conjurer la tristesse et le manque.

« Je suis triste je pleure sa déchéance, son absence future, comme si c’était quelqu’un, un proche, un ami, un amour, cela me semble tour à tour étrange, ridicule, déplacé, démesuré, mais pourtant ces pensées de recul, de distance, n’amenuisent pas la tristesse. »