Le journal de Julia

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De Simone Gélin

Aux Editions Anne Carrière

Résumé de l’éditeur :

En 2003, à bord d’un cabriolet Alfa Roméo des années 1970, Nino et son grand-père Emilio sillonnent la France du Pays basque aux routes de Provence. Ils sont déterminés à exiger la révision d’un procès, ou à rendre justice à leur manière.

Le journal de Julia, la mère de Nino, accompagne leur périple. Il relate des événements dramatiques de 1975, alors que Julia était institutrice dans une petite école de Provence. Une fillette avait été assassinée, et Lucio, le compagnon de Julia, arrêté.

Vingt-sept ans plus tard, peut-on demander des comptes à la justice ? Jusqu’où le grand père et son petit-fils vont-ils aller ?

Un roman d’amour et de haine où se mêlent action et émotion.

Mon avis :

C’est un magnifique tableau, il sent bon  la lavande et les oliviers. On imagine le pastis versé sur les glaçons qui s‘entrechoquent, le chant des cigales et l’air doux de la Provence.

C’est une histoire charmante, une belle rencontre, au détour d’un incident mineur dans les environs d’Aix en Provence. Un curieux hasard de la vie met Julia sur le chemin de Lucio. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont amoureux et libres. Leur liberté sera, pourtant, de courte durée.

Alors que l’avenir leur sourit, Julia et Lucio voient leur vie basculer lorsqu’une fillette est assassinée dans le village. Si quelques indices accusent Lucio d’autres au contraire, le disculpent.

Dès lors un combat juridique va se jouer dans la grande arène d’un tribunal où  l’avocat général n’aura de cesse de le mettre à mort par une succession d’allégations mensongères.

L’affaire Ranucci a ravivé les peurs ; l’opinion publique a besoin d’un coupable.

La vie de Julia et Lucio  tourne au cauchemar et se retrouve désormais entre les mains de la justice.

Le roman de Julia est un livre bouleversant qui nous ramène à l’époque où la peine de mort était encore en vigueur en France. Une époque où les preuves ADN n’existaient pas pour étayer les sentences des juges.  Une période où les abolitionnistes luttaient contre l’usage de la guillotine et la peine de mort.

Au-delà des messages que Simone Gelin transmet dans le journal de Julia,  notamment qu’il est sage de rester prudent dans nos verdicts  car nos jugements sont souvent partiaux et empreints d’une vérité que nous ne maîtrisons pas, l’histoire de Julia et Lucio est émouvante, teintée d’une grande humanité, le style est magnifique et le récit, bien structuré, tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Le roman de Julia, c’est ma deuxième pépite de l’année.

Elleli