Le pays du lieutenant Schreiber

lepaysdulieutenantschreiber

D’Andreï Makine

Aux Editions Grasset

Résumé de l’éditeur :

« Je n’aurais jamais imaginé un destin aussi ouvert sur le sens de la vie. Une existence où se sont incarnés le courage et l’instinct de la mort, l’intense volupté d’être et la douleur, la révolte et le détachement. J’ai découvert un homme qui avait vécu à l’encontre de la haine, aimé au milieu de la pire sauvagerie des guerres, un soldat qui avait su pardonner mais n’avait rien oublié. Son combat rendait leur vraie densité aux mots qu’on n’osait plus prononcer : héroïsme, sacrifice, honneur, patrie…

J’ai appris aussi à quel point, dans le monde d’aujourd’hui, cette voix française pouvait être censurée, étouffée. Ce livre n’a d’autre but que d’aider la parole du lieutenant Schreiber à vaincre l’oubli. »

Mon avis :

Dans Le pays du lieutenant Schreiber, Andreï Makine revient  sur le parcours d’un grand homme, un homme attaché à son pays qui a combattu pour libérer sa patrie et qui est aujourd’hui tombé dans l’oubli.

Car s’il est quelqu’un pour rappeler le courage de ces hommes qui, au péril de leur vie, ont libéré la France, il n’est plus un lecteur ou presque pour acheter les livres qui leur sont dédiés.

Sur les conseils de l’écrivain, le lieutenant Schreiber a rédigé ses mémoires mais devant la difficulté à trouver un éditeur, un constat s’est vite imposé : parler de la guerre aujourd’hui ne fait plus vendre, nos héros n’intéressent plus personne, pire, ils dérangent.

Si le vieil homme, bien que meurtri, s’épancha peu sur le manque de succès de son ouvrage, Andreï Makine, lui, en fut plus qu’attristé et c’est dans un fulgurant cri de colère qu’il s’emploie, dans ce livre, à réhabiliter l’honneur du Lieutenant Schreiber.

Il revient sur l’histoire de ce soldat qui fut un certain jour d’avril 1941 à la fois décoré pour sa vaillance et exclu de l’armée française pour ses origines juives. Fidèle à sa patrie, il intégra alors la résistance et  fut emprisonné en Espagne dans un camp de concentration. Il explique pourquoi, à son retour de Berlin en 1945, le lieutenant Schreiber se sentit comme un étranger dans son propre pays, « comme un invité à la fête » et n’oublie pas au passage de rappeler que pendant que certains se battaient pour la libération de la France, d’autres, intellectuels, continuaient à « s’amuser » et à créer de grands courants littéraires.

Sous l’incroyable plume d’Andreï Makine, ce magnifique plaidoyer en faveur du lieutenant Schreiber célèbre non seulement ce soldat oublié mais tous ses camarades d’armes, morts pour libérer la France.