L’Effacement

leffacement

De Pascale Dewambrechies

Aux Editions Passiflore

Résumé de l’éditeur :

C’est sa beauté qui est indécente. Et son sourire, son éternel sourire comme si la vie ne devait jamais lui faire de mal. Je n’ai fait qu’empêcher mes mains de le toucher.
J’ai caché derrière un masque enjoué la crainte de me dévoiler. Nous étions une dizaine et il n’y avait que lui. Ses yeux, qui parfois me cherchaient, ont joué une partition étrange.
J’ai peur. Un impossible désir m’envahit. Une impossible envie de vivre.

1952, Saint-Mont-des-Pyrénées.
A trente-six ans, Gilda Maurel mène une existence tranquille d’institutrice de village, sans surprise ni passion. Du haut de ses vingt ans, Luis va bouleverser sa vie.
De cette histoire interdite, aussi intense qu’éphémère, il ne reste que ce que la jeune femme en raconte dans son journal.

Affronter les regards. Reprendre le cours de sa destinée. Essayer de faire face.

Mon avis :

Gilda, 36 ans, n’est pas ce que l’on aurait appelé en 1952, une dévergondée. Plutôt réservée, malgré les regards concupiscents que lui jette la gente masculine, elle se tient à l’écart des commérages dont elle connait les dangers dans ce petit village des Pyrénées où l’anonymat est impossible.
Pourtant la façade qu’affiche cette institutrice auprès de son voisinage est bien loin de refléter ses véritables émotions. Sous ses airs sages et responsables se cache le tempérament d’une vraie femme, aux désirs inavouables à cette époque.

Dans la monotonie de son quotidien, l’existence va lui faire un cadeau, un cadeau éphémère mais qui bouleversera le reste de sa vie et l’obligera à faire face à des situations qu’elles n’avaient pas envisagées, au point de l’isoler et de faire d’elle un fantôme, une absente.

Encore une belle découverte chez Passiflore. Pascale Dewambrechies, raconte avec beaucoup de talent une très belle histoire, troublante et émouvante, qui pourrait semblait banale aujourd’hui, mais qui l’était beaucoup moins en 1952, période où la morale n’accordait pas de crédit à celles qui fautaient.
C’est sans doute la qualité des dialogues et des épisodes épistolaires qui entrecoupent le récit et donnent du rythme à l’histoire que j’ai vraiment appréciée dans cet ouvrage. C’est aussi probablement le ton juste employé par l’auteur pour décrire cette période délicate d’après-guerre où le moindre faux pas dérangeait la morale.
Ce sont encore, les mots précis qui décrivent le désir de cette femme et sa passion pour ce jeune homme arrivé inopinément dans sa vie.

Plusieurs thèmes sont abordés dans ce livre, tels que l’amour, le manque, le doute, l’attente, le renoncement et enfin l’effacement. Des sujets finalement assez intemporels auxquels nous sommes tous plus ou moins confrontés à un moment donné de notre vie.
La description délicate des sentiments et des émotions, associée au ton posé du récit, font de la lecture de cet ouvrage, un vrai moment de délectation.