Les larmes de Pancrace

larmes_de_pancraceD’Amédée Mallock

Edité chez Fleuve Editions

Collection Fleuvenoir

Résumé de l’éditeur : 

Jean de Renom, propriétaire d’un grand cru classé est sauvagement assassiné dans son château du Bordelais. A la stupéfaction générale, son épouse, la douce et aimante Camille, est accusée puis incarcérée.

Le scandale est d’autant plus retentissant que cette dernière n’est autre que la fille de Sophie Corneille, candidate favorite à la prochaine élection présidentielle.

Au-delà des conflits d’intérêts et des luttes de pouvoir, le fameux commissaire Mallock découvre que d’autres drames entachent l’histoire de cette famille. Plus il creuse, plus les énigmes et les crimes remontent à la surface. Noyades, empoisonnement, meurtres, les racines du mal sont bien plus profondes qu’il n’aurait pu l’imaginer. Depuis sept siècles, depuis qu’un certain Pancrace a fait couler le sang, que la peste a ravagé la région, une malédiction semble avoir envahi le château et ses occupants…

 Mon avis :

 Si j’avais été séduite par l’originalité du « Cimetière des hirondelles », le nouvel ouvrage d’Amédée Mallock, « Les Larmes de Pancrace »  dépasse de loin ce que j’avais imaginé.

Nous sommes à nouveau face à  un polar littéraire auquel vient s’ajouter une dimension historique.

Sollicité par un de ses amis et ancien collègue durant ses vacances à proximité du Bassin d’Arcachon, l’attachant et débonnaire commissaire reprend du service. Un meurtre a été commis dans une propriété viticole non loin de son lieu de villégiature.  Il va s’attacher à résoudre une enquête dont les enjeux politiques effraient tous les membres du corps judiciaire. Mais c’est sans compter sur la perspicacité et la pugnacité du brillant commissaire.

Rien n’est laissé au hasard dans ce livre. De l’histoire du vin et des vignes puisque nous sommes en terres bordelaises, en passant par l’histoire des Templiers à la veille de la guerre de cent ans, jusqu’aux preuves scientifiques, tout est intelligemment pensé.

Car au-delà de l’astucieux scénario et de l’intrigue brillamment écrite, on comprend le travail qu’a dû fournir l’écrivain pour étayer son propos.  Un travail de recherche historique et scientifique fouillé pour rendre ce roman crédible.

Mallock passe avec aisance d’une époque à une autre, alternant chapitres moyenâgeux  et contemporain. Il distille avec parcimonie quelques indices, développe son récit, expose des théories, et d’un rythme soutenu, place le lecteur au cœur de l’histoire qui devient tour à tour criminel, juge ou  inspecteur et se retrouve embarqué dans l’élucidation d’une histoire vieille de plusieurs siècles.

Et c’est justement grâce à la cohérence et à la fluidité du récit que Mallock nous tient en haleine de la première page jusqu’au dénouement final. Ce dernier acte où il porte l’estocade armé d’arguments et  de preuves irréfutables laisse le lecteur à la fois pantois et  admiratif. J’irais même jusqu’à qualifier ce dernier chapitre de jubilatoire.

Bravo à Mallock pour ce nouvel opus, qui confirme si tant est que cela soit encore nécessaire, ses talents d’écrivains.

2014 est assurément pour lui un excellent millésime !