Un libraire en colère – Emmanuel Delhomme

 

 

Editions l’Editeur

Résumé de l’éditeur :

Dans un texte sincère et partial, succession de courts billets d’humeur, Emmanuel Delhomme raconte la vie d’une librairie au jour le jour et les petits riens de son quotidien : ses joies de libraire, bien sûr, mais aussi ses agacements et ses déceptions. Après des années de pratique passionnée de son métier, le « libraire en colère » navigue à vue en espérant tenir longtemps encore. Il veut croire à l’avenir du livre papier plutôt qu’à la victoire inéluctable du numérique.

Informations sur l’auteur :

Emmanuel Delhomme a fondé et dirige depuis 1981 la librairie Livre Sterling située au cœur de Paris. Se faisant une haute idée de sa profession, il a coutume de dire qu’un libraire « joue sa réputation sur chaque livre » et a ainsi su fidéliser de nombreux lecteurs en leur proposant les livres « qui accompagnent toute une vie ».

Notre humble avis :

Récit de la vie  d’un homme passionné par les livres et par son métier.

L’auteur parle d’une époque révolue, celle où les passants moins pressés prenaient le temps de caresser les ouvrages sur les étals devant sa librairie, celle aussi où les voleurs se mêlaient aux acheteurs et glissaient à la dérobée quelques livres dans leur sac. Il fait part de son regret et sommerait presque les indélicats de revenir, comme au bon vieux temps, se frotter à lui.

Selon l’auteur, une génération de lecteurs vient de s’éteindre ou est sur le point de le faire. La télévision, internet et les nouvelles technologies ont pris le pas sur l’industrie du livre.

Empreints  de nostalgie, aromatisés d’humour et d’un soupçon d’inquiétude – le tout camouflant un zeste d’amertume – on comprend et on adhère aux  propos d’Emmanuel Delhomme. Si nous aimons communiquer sur la toile, nous sommes d’heureux optimistes et croyons encore aux bibliothèques qui ploient sous le poids des livres.

Ouvrage à ne manquer sous aucun prétexte pour tous les amoureux des livres !

Quelques extraits :

« Une librairie ne ressemble à aucune autre, elles sont toutes différentes, en tout cas les librairies indépendantes, et n’aspirent qu’à la seule vérité de celui ou de celle qui la dirige. Autant de petits mondes, autant de visions différentes du métier ».

« Sur la couverture du livre de Charles Dantzig – Pourquoi Lire ?, Grasset, 19 euros – j’ai collé ce petit commentaire laconique « Pour être moins con ». J’en vends peu. Il faut que je corrige cette appréciation. Le livre est bon, peut-être signaler qu’il est remboursé par la Sécurité Sociale ? Demandez-moi l’ordonnance. »

« Comment peut-on alors se passer de ce plaisir, entendre aujourd’hui des individus vous annoncer fièrement ne pas lire un seul livre dans l’année comme ce chirurgien, lors d’un déjeuner à la campagne, en face de moi sans savoir qui j’étais, il se vantait de ne pas ouvrir un seul livre, soulignant avec dédain que tous ces romans étaient inutiles et vains. Les mots étaient même un peu plus crus. Rien ne trouvait grâce à ses yeux et cela paraissait lui donner une allure : « je n’ai pas besoin de cela pour être ce que je suis. » Ma réponse lui évita de se poser des questions pendant un certain temps. « Si vous voulez rester con, ce n’est pas mon problème, mais essayez de ne pas trop en faire. Cela vous dessert et cela risque d’ennuyer votre entourage… » . »