Notre fin sera si douce

Notrefinserasidouce

De Will Mc Intosh

Fleuve Editions

Traduit par Michel Pagel

Résumé de l’éditeur :

En 2023, le taux de chômage aux Etats-Unis a explosé, la crise économique bat son plein, les conflits pour l’accès à l’eau potable se multiplient, le gouvernement ne peut plus rien face aux gangs de tous bords. Et pourtant pour ceux qui ont encore un travail et un toit, l’apocalypse à venir n’est qu’une menace diffuse. La crise va sûrement passer, les choses s’arranger, la vie reprendre ses droits ?

Jasper ne fait pas partie de ceux qui connaissent encore ce confort. Il migre de ville en ville avec  sa « tribu », des jeunes issus de la classe moyenne qui n’ont jamais réussi à s’insérer dans une société devenue impénétrable. Jasper est un romantique, et dans ce monde qui refuse de lui donner une place, il s’est fixé un objectif : trouver l’âme sœur, connaître l’amour avant que tout ne s’écroule.

Pendant ce temps, une nouvelle drogue fait fureur : le Dr Bonheur, censée rendre les gens heureux… Serait-ce l’ultime solution en attendant la fin du monde ?

Mon avis :

 Lire « Notre Fin sera si douce » c’est entrer dans le chaos.

Alors que la montée des eaux a englouti plusieurs villes, paradoxalement, l’eau potable manque et les gens s’entre-tuent pour elle. Le monde est en perdition. Les squats se généralisent. Les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, ne trouvent pas de travail et se regroupent pour mettre leur peu de biens en commun pour survivre. Contraints au nomadisme, la jungle urbaine est désormais leur domicile.

La classe moyenne n’existe plus,  seulement les très riches et les très pauvres cohabitent dans deux mondes parallèles. La terre s’est affaiblie et ne peut plus nourrir tous les hommes.  Au même titre que l’eau, la nourriture manque et le gouvernement, n’arrive plus à gérer la crise. La police n’hésite pas à exécuter les gênants  à coup de mitraillette sans sommation dans les rues, à la vue de tous. Le masque à gaz est devenu un accessoire usuel qui se porte en bandoulière au quotidien.  Des bandes de milice s’organisent pour faire régner leurs propres lois. C’est la fin annoncée de la civilisation.

Au bord de l’anarchie, un groupuscule de savants fous décident d’éradiquer des milliards de personnes afin de réguler les problèmes de pénurie. Leur but est de constituer un groupe « d’élus », qui reconstruira le monde en perdition, en leur inoculant un virus. Mais pas n’importe quel virus puisqu’il s’agit de celui du docteur Bonheur qui offre l’accès au bonheur éternel. Plus de violence, plus de convoitise, loin des aspirations matérielles et illusoires, les humains vivront sereins et désintéressés.

Dans la confusion ambiante, un jeune homme, Jasper, lutte à l’instar de ses amis pour survivre. Un but cependant le motive plus encore ;  trouver l’âme sœur. Dans cet univers de violence, peut-il vraiment espérer croiser l’amour ? C’est une question que pose ce livre : dans un tel chaos, est-on vraiment capable de reconnaître et de croire encore en l’amour, le vrai, l’unique ?

Un roman noir où la violence, la peur et la mort sont omniprésentes et dont le scénario bien que fiction, est proche d’une réalité qui nous rattrape. N’est-on pas déjà confronté aux problèmes de pénuries et de montée des eaux ?

Amateurs de sciences fiction et de sensations fortes, « Notre fin sera si douce » est le livre qu’il vous faut.