Et puis après…

Et puis après
De Kasumiko Murakami
Chez Actes Sud

Résumé de l’éditeur :
Ce matin-là, Yasuo, directeur syndical des pêcheurs du village, perçoit immédiatement l’inhabituelle violence des premières secousses. Tous près de lui sur la plage, les hommes penchés sur leurs filets sont inquiets. Et quand brusquement la mer semble reculer à l’extrême, quand Yasuo n’écoutant que  son intuition se met à hurler, tous obéissent, le suivent, s’échinent à pousser leur navire sur le sable ; puis, comme lui, s’élancent, passent la vague encore accessible et atteignent ainsi l’au-delà du tsunami.
A près de dix kilomètres au large, Yasuo coupe le moteur, jette l’ancre et se retourne.
Le paysage qui s’offre à lui est effrayant. A l’endroit où s’étendait la plage se dresse maintenant un mur noir et luisant.
Cinq ans après la terrible catastrophe survenue le 11 mars 2011 au Japon, ce roman inquiétant explore le cheminement d’un homme confronté à l’incertitude de son geste. Entre découragement et culpabilité, il va devoir vivre l’instant et se reconstruire en dehors de toutes les évidences propres à nos sociétés, sûres de leur puissance et animées d’un extravagant sentiment d’éternité.

Mon avis :
Il n’y a guère de chose à rajouter concernant le contenu de l’histoire, puisque tout est quasiment dit par l’éditeur.
Je pourrais cependant préciser que je ne me suis pas sentie simplement lectrice de ce livre. Je me suis imaginée à la place de Yasuo. Qu’aurais-je fait moi-même si je m’étais retrouvée dans sa situation ? Aurais-je sauvé ma peau et sauvé mon « gagne-pain », sans penser un seul instant que « du pain » il n’y en aurait plus pendant un long moment…
Je crois que l’instinct primaire nous pousse à nous « sauver » envers et contre tout. Viennent après les remords, les « si » et les regrets.  Nous pouvons difficilement juger, et encore moins blâmer car on ne sait jamais vraiment comment nous réagirions en situation de crise. Ce petit livre nous rappelle combien la culpabilité peut nous ronger lorsque nos certitudes sont ébranlées et combien il est difficile de survivre à ceux qui n’ont pas eu cette chance.